Le Québec est vraiment dans une transe collective. Le Nous majoritaire sombre dans une confrontation fantasmagorique. Il me semblait que la Révolution tranquille était justement un refus du diktat. Comment se fait-il qu’aujourd’hui on fasse ce que l’on a condamné il y a des décennies partie prenante du langage d’un parti espérant reconquérir un électorat gagné à la cause d’un autre parti de droite? Je pensais le leadership du Parti Québécois bien plus intelligent que cela. Ils sont combien les Québécois qui ne parlent pas français? N’est-ce pas l’immigration canadienne qui exige que soit maintenu le bassin démographique des minorités linguistiques dans ce pays? Pourquoi cette victimisation constante? Toujours la faute de l’Autre. De quel droit ce parti veut-il que la province, sous prétexte d’être unique de par son caractère francophone et sa culture, fantasmer de voir refuser au résident d’une minorité linguistique le droit devote?

Certes le Parti Québécois n’est pas un parti constitué par un seul courant. Certes, la droite a toujours été forte. Certes, c’est le parti qui a été le plus dur envers ses chefs. Certes, il a toujours été habité par ses membres. Mais une fois de plus, le parti se plante. René Lévesque fut invité à quitter parce qu’il n’était pas assez pur et dur, trop démocrate peut-être? Parizeau avec sa remarque a pris la porte (heureusement), maintenant on sent sa présence dans l’ombre ainsi que celle de Jean-François Lisée. Cette fois, je n’ai plus aucune sympathie pour un courant qui donna bien de belles choses à cette province où j’ai grandi, aimé, enfanté et épousé un homme dont les ancêtres ont été parmi les premiers Français sur le continent.

Si le Québec a connu la saignée économique avec le départ des sièges sociaux de compagnies dans les années 80. La prochaine saignée sera d’ordre démographique car franchement pourquoi rester dans une province qui ne veut pas de vous. Ce que j’entends ces derniers temps ne peut être différent des vieux du parti Core au N.-B. ou encore des vieux illuminés de Brockville.

Ce soir, nous discutons et mon conjoint me dit tout simplement: « pour paraphraser René Lévesque, j’ai honte d’être Québécois. »

Quant à moi, je me demande si ce n’est pas le retour des chemises noires et de Lionel Groulx.